Pourquoi j'ai quitté Facebook


C'est arrivé comme ça, sur un coup de tête. Alors que je perdais une énième fois mon temps sur facebook, je me suis dit "Cette fois, c'est trop, je perds mon temps, j'ai quand même clairement mieux à faire !"

Cela fait maintenant un mois que j'ai désactivé mon compte Facebook et je dois dire que je m'en porte à merveille ! Je ne suis plus tentée de passer des heures sur des publications inutiles (pour la grande majorité, il faut bien l'avouer), de commenter là où mon avis ne sera même pas lu et être notifiée pour chaque nouveau commentaire que je ne lisais même pas. Il m'arrivait d'ailleurs de plus en plus de désactiver les notifications sur les publications aussitôt les avoir commenté, ce qui était bien la preuve que je voulais donner mon avis sans même connaître celui des autres.

Quand je me suis inscrite sur facebook, il y a de ça... très longtemps (peut-être 10 ans, je ne sais plus trop), quand facebook était encore tout moche mais avait l'avantage de laisser visible le statut en haut de profil (ouais, c'était super pratique !), nous, utilisateurs, n'avions pas conscience que nos informations, photos et autres pouvaient être enregistrées, conservées, vendues, utilisées etc. de façon malhonnête. C'est tellement logique aujourd'hui, mais à l'époque, nous étions naïfs, nous étions juste heureux d'avoir un réseau pour retrouver de vieux copains ! Nous partagions donc un peu de tout à tout va.
Quand j'ai pris conscience que les données n'étaient pas si bien gardées par facebook, j'ai commencé à moins partager, à tout cacher, je ne publiais plus de photo personnelle, plus rien... Autant dire que les petites vidéos "Memories" proposées par le site en étaient devenues ridiculement pathétiques.

Cela faisait longtemps que je voulais quitter facebook pour dire vrai, mais il y avait une photo sur mon ancien profil qui avait pris énormément d'importance pour moi et qui m'empêchait bêtement de tout effacer. Une photo et ses commentaires pour être exacte. Alors je sais qu'il est possible de télécharger la page avec les commentaires inclus, mais ça n'aurait plus été pareil...
En me lançant dans le minimalisme, j'ai appris à me détacher des choses, même lourdement sentimentales. La photo, je l'ai toujours sur mon ordinateur. Les commentaires, je les connais par cœur. Prenant tout ça en compte, en plus du fait de ces années de partages impossibles à trier et rendre privées, publication par publication, j'ai réussi à enfin effacer ce compte ainsi que cette photo il y a un peu moins d'un an ! Pour créer le second... (HUM !) Moins privé et sur lequel je ne partageais pour ainsi dire rien. Il ne me servait qu'à rester en contact avec quelques personnes - autant dire que ma liste de contacts (que je n'ai jamais appelé "liste d'amis") avait réduit de moitié, passant de plus de 100 (ouais, pas nombreux de base) à une petite 60taine - et à suivre quelques groupes que j'appréciais - minutieusement sélectionnés également.

À la base, je pensais que ce nouveau profil me serait utile pour faire la promotion de mon futur roman, le jour où il sortirait. Sauf que... Cela prend plus de temps que prévu de corriger une histoire, la mettre en page, l'éditer, etc. À l'heure actuelle, je n'ai toujours pas terminé et je sens que ce n'est pas encore pour tout de suite (du coup, je n'en dis pas plus). Autant dire que j'avais complètement pollué mon "nouveau mur" avec diverses publications, impersonnelles certes, mais rien à voir avec la publication d'un roman. Et ça ne faisait pas très pro tout ça...


Prise de conscience

N'ayant plus ma photo adorée, n'ayant plus de compte (pseudo) pro, j'ai rapidement compris que tout ce qui se passait sur facebook m'était totalement inutile.
  • Mes vrais amis, j'ai leur numéro de téléphone, ou leur email, pour une grande partie, j'ai même leur adresse postale (C'est dire ! Vive les faire-parts de naissance !).
  • Je ne regardais jamais les publications - négative sur le monde et égocentriques pour la plupart - des gens, je zappais complètement le fil d'actualité pour filer sur mes notifications et mes groupes préférés. La vie des gens ne m'intéressait pas, et facebook, ça sert un peu - surtout - à partager sa vie non ?
  • Je ne souhaitais jamais un joyeux anniversaire aux gens sur facebook car j'ai toujours trouvé ça terriblement impersonnel, d'autant que j'ai une bonne mémoire en ce qui concerne les anniversaires... des personnes que j'apprécie en tout cas. Donc j'envoie plus volontiers un sms quand je peux, sans avoir besoin de facebook pour me rappeler quel jour on est.
  • Je n'y faisais pas apparaître ma date de naissance, donc je ne recevais pas non plus les moults "Noyeux Janni ! Héhé lol !" vite publiés, vite oubliés, sans intérêt ni sincérité sur mon mur. Mes proches n'ont jamais manqué de me le dire face à face ou de me l'écrire par SMS, c'était nettement plus agréable et personnel.
  • La plupart des questions que je posais dans les groupes ne trouvaient pas de réponse, soit je n'avais aucune réponse (post ignoré), soit on me proposait des solutions parallèles (ex. "Comment laver mes jantes de voiture ?" - réponse : "Vends ta voiture, ça pollue !"). Alors qu'Internet dans sa globalité - dont certains forums - ou les livres, eux, m'apportaient plus facilement ce que je cherchais.
  • Les groupes dont le sujet m'intéressait tout particulièrement n'étaient bien souvent plus du tout modéré et/ou n'avait plus aucune activité.
  • Comme je ne partageais pas de photo privée, autant dire que je ne cherchais pas non plus à flatter mon égo au travers de mon profil, égo que je n'ai d'ailleurs pas besoin de faire flatter superficiellement par des inconnus.
  • Les personnes avec qui j'avais fait connaissance via ce réseau n'étaient que des contacts qui ont des dizaines, peut-être même centaines d'autres contacts. Je n'avais donc pas à culpabiliser si, du jour au lendemain, je disparaissais. Je ne leur devais rien, et celles que j'appréciais vraiment beaucoup, j'ai d'autres moyens de les contacter.
  • Certains débats stériles avaient tendance à m'agacer lourdement, allant jusqu'à me rendre nerveuse dans ma vie privée, cherchant les meilleurs arguments pour répliquer alors que je savais pertinemment qu'on tournait en rond. Un genre de besoin d'avoir le dernier mot, puéril. Ce qui ne veux pas dire que je ne sais pas me remettre en question, bien au contraire. J'accepte toujours volontiers d'en apprendre davantage sur un sujet qui m'interpelle.
  • J'ai pu être blessée par certains commentaires, des jugements hâtifs, des insultes, des critiques, lancés par des inconnus, des gens qui ne se seraient jamais permis de me tenir de tels propos en face. Il m'est même arrivé de pleurer. C'est à partir de là que j'ai vraiment trouvé que facebook avait trop d'influence sur ma vie personnelle.
J'aurais pu continuer cette liste pendant encore longtemps, cependant ce n'est plus un article de blog qu'il aurait fallut, mais un livre, bien épais... !


Ma vie sans facebook

Je dois bien l'avouer, je faisais partie, malgré moi, de ces gens qui regardent facebook dès leur réveil, qui flânent dessus sans raison, juste pour passer le temps, quitte à y perdre tout son temps. Je réagissais à chaque nouvelle notification et je commentais de nombreuses publications, j'étais active dans les quelques groupes que je suivais, j'avais fait des rencontres qui valaient le coup, etc.
Mais c'était trop, trop envahissant. Je n'aimais pas non plus l'image que je donnais à ma fille, cette maman toujours penchée sur son téléphone alors que je veux lui interdire les écrans. Ce n'était pas compatible.

Quand j'ai effacé mon compte, je me suis sentie libérée, vraiment. Et j'ai pris conscience de beaucoup de choses. Comme par exemple, cet étrange besoin de partager sa vie qui n'était plus possible. Non pas que cela me manquait, mais je réalisais que je n'avais plus vraiment d'occasion de partager les choses futiles qui pouvaient arriver dans ma vie. Et aussi le fait que les gens "parlent facebook" à longueur de temps... "J'ai vu sur facebook... ", "Untel a partagé sur facebook...", "Sur l’événement facebook..." etc. On se sent un peu complètement déconnecté (c'est le cas de le dire). Et pourtant, quel bien ça fait, parce que de mon côté quand je parle, j'ai l'impression de "parler vrai".

Le mieux dans tout ça, c'est qu'à aucun moment, ça ne m'a manqué. Je n'ai pas eu envie de réactiver mon profil, je ne me suis pas sentie perdue, je n'ai pas eu l'impression de rater quelque chose et encore moins de perdre quelque chose. Bien au contraire, j'avais l'impression d'y gagner tellement en faisant si peu. Cela ne fait qu'un mois, mais je suis optimiste pour la suite parce que... Je n'y pense pour ainsi dire jamais (les gens en parlent constamment et on en entend parler partout, difficile d'oublier facebook).

Alors oui, je me suis surprise quelques fois, par réflexe (et c'est là qu'on voit que c'est grave !), à regarder mon smartphone avec l'idée inconsciente d'aller jeter un œil mais je me reprenais rapidement pour me flanquer une claque mentale "Non mais t'es sérieuse !?" et ce réflexe est très vite passé. Dès le 2e jour, j'étais clairement sevrée et j'ai échangé le rituel matinal du "Qu'est-ce qui c'passe sur facebook ?" avec "Et si je continuais ma lecture de hier soir ?". Et ça, ça fait énormément de bien !

Dans mon entourage, personne n'a semblé étonné de ne plus me voir sur le réseau, du moins, personne ne m'en a fait la remarque. Je me suis permise d'en déduire que les gens n'avaient pas vraiment remarqué, et que donc ma présence n'y était pas indispensable.

Parmi mes regrets, il y a certains groupes que j'appréciais. Un groupe sur le syndrome d'Asperger, un autre sur la littérature M/M et quelques groupes de dons. Mais pour ces derniers, il existe toujours les sites de petites annonces gratuites sur lesquels la plupart des gens publient également leurs annonces, donc je suis moins tentée tout en ayant la possibilité, si besoin, de chercher ce dont j'ai besoin.

J'ai malgré tout gardé l'application Messenger active, pour la simple et bonne raison que j'étais en contact avec deux artisanes chez qui j'aime commander - des vêtements pour ma fille et des produits zéro déchets - et qui n'ont pas d'autres moyens de contact. J'ai également gardé contact avec une auteure que j'apprécie énormément et qui m'a demandé un coup de main sur un projet d'illustration. Je garde donc cette messagerie en attendant de passer par un autre système (genre email, on verra). Une messagerie, on n'y perd pas son temps, je ne contacte personne d'autre que ces trois personnes, et donc rarement.

Les autres réseaux sociaux

Je ne suis pas anti-réseaux sociaux, voilà pourquoi j'en utilise encore certains mais qui ne me sont pas du tout chronophage et/ou sur lesquels je n'ai fait aucun partage de données personnelles.

J'utilise énormément Pinterest, mais juste pour cumuler un maximum d'images (hum) qui me font rêver, des DIY, des astuces, des listes d'inspirations, des idées de future déco pour notre projet de maison etc. Je sais que je m'y perds facilement, donc je n'y vais pas n'importe quand, je m'organise de petits moments tranquille pour m'y plonger. Mais cela ne me prend jamais autant de temps que sur facebook.

J'ai toujours utilisé youtube sans le considérer comme un réseau social. Pour moi, c'est un site de vidéos. J'en regarde certaines qui m'amusent, m'informent, m'instruisent, me détendent, mais comme cela demande du temps, ce n'est pas quelque chose que je fais dès que j'ai du temps à perdre. Au contraire, je prends le temps. Je regarde d'ailleurs souvent des émissions d'une heure ou plus (il faut savoir que je ne regarde pas la télévision en parallèle).

J'ai gardé Instagram, sur lequel j'ai deux profils : un pour ce blog (depuis peu et pas encore au point) et un compte privé sur lequel je partage une image tous les 6 mois (j'ai même oublié que je l'avais fut un temps). Je ne suis que quelques personnes donc j'ai vite fait le tour des nouvelles publications. Je regarde vaguement, je ne commente pratiquement jamais et je n'y consacre que quelques minutes quand je publie une image, et encore.

Il m'arrive parfois d'aller jeter un coup d’œil sur Quora, un réseau que j'ai découvert par hasard et auquel je participe extrêmement peu mais qui m'inspire pas mal de réflexions, sur moi-même, ma vie ou autres. J'y trouve également parfois des informations pratiques très intéressantes. Mais ce n'est pas un site sur lequel je penserais forcément à aller. Cela m'arrive parfois, mais ça reste rare.

Je me suis également créé un compte Twitter, mais là, par contre, c'est moi qui n'aime pas du tout. Je n'y ai encore jamais rien publié, je ne lis jamais mes notifications, je ne regarde jamais les publications des autres, etc. On verra si ce réseau me sera utile un jour, que ce soit pour mon blog ou mon futur roman, mais pour l'instant, c'est une application qui dort.

Je continue d'utiliser WhatsApp, considéré par beaucoup comme un réseau social également. Et j'avoue y partager quelques photos au travers des statuts, mais cela reste dans un cadre restreint. Je n'y partage cependant rien de complètement privé (on ne sait jamais, avec facebook qui l'a racheté).

Donc voilà, en gros, les réseaux sociaux sont devenus, pour moi, des "répertoires" d'images, de vidéos et d'idées, sans plus.

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Et vous ?
Arriveriez-vous à vous passer complètement de facebook ?
Préférez-vous un autre réseau social et si oui, lequel ?
Vous considérez-vous comme addict ?