Affichage des articles dont le libellé est A repager - LIVRES. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est A repager - LIVRES. Afficher tous les articles

La magie du rangement

Marie Kondo
Pocket
2016


Résumé :
Et si pour améliorer votre quotidien et changer votre vie, vous mettiez de l'ordre dans votre intérieur ? Voilà la proposition de Marie Kondo. Mais comment faire ? Que jeter ? Que garder ? Par où commencer ? Quand s'y mettre ? Et surtout, pourquoi est-ce si important ? Avec cette incroyable méthode, oubliez tout ce que vous savez déjà en matière de rangement et révolutionnez votre intérieur, dans tous les sens du terme. Parmi les millions de lecteurs de ce livre ingénieux, certains ont changé de carrière, d'autres ont perdu du poids, d'autres encore se sont aimés davantage. Préparez-vous, il y aura un "avant" et un "après" La Magie du rangement.


Mon avis :
On peut dire qu'on en aura entendu parlé de la méthode de rangement de Marie Kondo, dite méthode Konmari (qui vient du surnom donné à l'auteure).

La première fois, je suis tombée dessus via un blog qui en faisait la critique, relativement positive, mais qui mettait en avant le côté culture japonaise qu'on retrouve dans le texte et qui ne correspond pas toujours à notre vision des choses, à nous, occidentaux. J'étais donc sceptique, même si le sujet m'intéressait - légèrement, à cette époque. Mais à force de voir revenir, encore et encore, la méthode incroyable de rangement proposé par Konmari, j'ai fini par me procurer le livre pour enfin savoir ce qu'était cette fameuse magie du rangement.

Je tiens à rectifier une chose pour commencer, il n'est nullement question ici de minimalisme ou même de désencombrement, mais uniquement de rangement. Même si la méthode parle de faire un tri - drastique par moment - dans ses affaires, le but n'est pas de vider sa maison de tous ses biens, mais de ne garder que ce qui - je cite - nous met en joie, autrement, ce qui nous plait, nous rend heureux, etc. Mais également ce qui est pratique et utile au quotidien (ou presque).

Effectivement, il y a pas mal de notions culturelle dans l'agencement des maisons au Japon, mais également dans la façon de vivre qui ne correspondent pas à notre façon de vivre comme par exemple certaines cérémonies ou tradition dont il est question, ou le tri des documents que la loi nous oblige généralement, en Europe, à garder un certains nombre d'années, etc. Mais la plupart des lecteurs soulevaient le fait que l'auteure dit parler à ses vêtements, ses objets, sa maison. Elle le dit elle-même, cette pratique surprend même ses clients, ce n'est donc pas lié à sa culture japonaise mais uniquement à sa personnalité. C'est une façon personnelle d'appréhender le matériel, libre à elle de parler à ses biens qui ça lui fait plaisir. Personnellement, cela ne m'a pas gêné.

Au contraire, ce qui m'a gêné, c'est la façon dont elle répète, encore et encore, qu'elle a été fasciné par le rangement dès ses 5 ans, puis qu'à 15 ans, c'était une obsession, qu'elle rangeait les chambres de ses frère et sœur, les placards de l'école, etc. Je crois qu'elle le redit au moins une fois à chaque chapitre, peut-être même plus, quand ce n'est pas sa petite bio rapide qui nous refait toute l'historique, mais là encore, ça ne gêne pas forcément au concept qu'elle tente de faire passer.

Beaucoup de personnes ont également été outrées de lire que Mari Kondo parle constamment de "jeter" et de "sacs poubelles", indiquant parfois des quantité astronomique d'affaires ayant terminé aux ordures. Je n'ai pas non plus ce principe de tout jeter, voilà pourquoi le tri est plus compliqué à faire quand on "garde" dans le but de revendre ou donner, mais encore une fois, cela n'empêche pas le principe de tri et de rangement d'être intéressant. Car elle est l'une des premières, me semble-t-il, à proposer de garder ce qui nous plait, et non pas juste de jeter l'inutile, que si on ne s'en sert pas dans les trois mois, il faut jeter. Non. Elle dit "si cela vous met en joie, gardez-le". Et en fin de compte, c'est ce qui rend la méthode aussi simple.

Évidemment, il y a de nombreux objets pour lesquels il est difficile de vraiment savoir s'ils nous rendent heureux, des affaires chargées en souvenirs mais qui, en fin de compte, ne nous importent plus vraiment. Je pense sincèrement qu'effectivement, si on prend le temps de prendre chaque chose entre nos mains, ce sera alors évident : ça nous plait ou non, ça nous laisse indifférent.

Après, la chose délicate à mettre en pratique, je dirais que c'était le côté "ouragan" de la méthode. Car il est question de faire les choses en grand, de créer un changement radicale entre avant et après, je voir tout de suite le changement pour qu'on se rende compte du tri et rangement effectué, mais cela n'est pas toujours évident quand on vit en famille, malgré ça, cela donne envie de donner un bon coup de tri et rangement dans nos affaires.

Tout n'est pas forcément facile à mettre en pratique, mais je pense que, malgré tout, il y a d'excellents conseils qui peuvent aider beaucoup de monde pour organiser sa maison et ses rangements. Car je le redis, c'est un livre qui parle du rangement avant tout, et non de désencombrement en soi (même si ça fait partie du rangement) et encore moins de minimalisme,

Créations zéro déchet


Camille Binet-Dezert
Mango Green
2017

Résumé :
Vous avez envie de produire moins de déchets au quotidien mais vous ne savez pas par où commencer ?
Ce livre vous propose 28 créations durables qui remplaceront des objets jetables : adieu cotons, sacs plastiques, éponges et essuie tout ! Bienvenue dans un monde plus bio, plus écolo, plus durable. Camille vous aidera à en devenir acteur, et à tendre petit à petit vers une vie plus respectueuse de l'environnement.
Par des gestes simples expliqués de manière ludique et accessible, vous pourrez transformer doucement votre vie et les objets autour de vous. Avec un peu de récup' et quelques astuces, vous adopterez naturellement une démarche zéro déchet.

Mon avis :
Voilà un excellent livre pour se lancer dans le zéro déchet, qui propose des créations de base qui permettent de remplacer de nombreux produits jetables par des affaires lavables / réutilisables, pour la cuisine, la salle de bain, le quotidien, les courses, etc. Comment transformer et recycler ses vêtements usés pour ne pas avoir à les jeter ou simplement les transformer en chiffons.

Comment réaliser des sacs à vrac, des couvercles à bols, des serviettes hygiéniques, couches, mouchoirs ou lingettes lavables, et encore bien d'autres, avec des explications illustrées, claires et surtout très faciles, la preuve, même moi j'ai réussi les quelques trucs que j'ai tenté de réaliser !

Il n'y a pas grand chose de plus à en dire si ce n'est que je vous recommande vivement ce livre plein de bonnes idées qui, en plus, vous donnera de l'inspiration pour imaginer vos propres créations !

Guyliner

J. Leigh Bailey
MxM Bookmark
2012

Résumé :
À dix-sept ans, Connor travaille dur pour conserver l’image de garçon parfait qu’il s’est créée. Il a de bonnes notes, des activités extra-scolaires, des réussites sportives, la parfaite petite amie, et un travail à mi-temps dans le magasin de son père. Tous ces détails lui assurent les bourses universitaires qui lui permettront enfin de quitter le trou paumé dans lequel il vit. Son attirance pour Graham, un prodige du football qui porte de l’eye-liner, est donc plus que malvenue lorsqu’elle lui fait remettre en question ses choix, ses rêves, et sa sexualité. Mais plus il lutte contre ses sentiments pour Graham, plus Connor se rend compte qu’ils sont incontrôlables. Lorsque la pression familiale, la malchance et les rumeurs menacent de faire voler en éclats les plans de Connor, il se retrouve face à une terrible question : ce futur pour lequel il travaille si dur est-il celui qu’il désire ?

Mon avis :
Petit coup de cœur ici avec cette histoire entre un guyliner gardien de foot et un Monsieur Parfait, receveur dans l'équipe de baseball.

Pour être honnête, cette histoire est assez simple. Monsieur Parfait qui voit sa vie parfaite remise en question par l'arrivée d'un nouveau canon qui chamboule ses hormones. Le tout façon high school dans un bled un peu paumé. Malgré tout, j'ai bien aimé le développement de l'histoire qui m'a un peu rappelé celle de "Undisclosed Desires" de Maud Cordier, mais en plus soft. Et j'ai préféré cette histoire, mais c'est très personnel. Elle n'est pas meilleure, mais différente, et c'est cette différence qui lui a valu de me plaire davantage.

Effectivement, dans cette histoire, nous avons un jeune homme qui se sait gay, Graham, et l'autre qui le découvre, Connor. Ici, il y a une évolution qui semble logique et assez réaliste quant à la découverte de Connor de son orientation. Nous n'avons pas affaire à deux ados qui ne pensent qu'à se sauter dessus, et d'ailleurs, pas de sexe dans cette histoire - et pour moi, c'était un plus.

On sent le doute qui envahis Connor, sa colère, sa peur, mais également son envie de foncer, son désir, etc. En face, Graham n'est pas un allumeurs qui en demande trop. Il sait par quoi passe Connor pour l'avoir lui-même vécu quelques années plus tôt. Il ne lui demande rien si ce n'est d'oser être lui-même. Quand il pense que cela sera compliqué pour Connor, il accepte et souhaite rester ami. Nous n'avons pas à subir des "je te saute dessus, je te repousse, je te veux, va-t-en" continuels, ici, l'évolution est douce et agréable sans pour autant traîner en longueur.
En ce qui me concerne, j'ai lu ce livre en une journée à peine...

Petit plus, j'ai trouvé les personnages féminins, Alyson et Becca, très agréables, ce qui est généralement assez rare, surtout dans un univers scolaire. En revanche, j'ai trouvé dommage qu'on entende pas davantage parler de Marc qui est quand même le meilleur ami de Connor... Tout comme Liam, rencontre farfelue de Chicago, qui laisse son numéro à Connor. J'aurais bien aimé en entendre parler encore un petit coup. Parce que oui, tous les personnages de cette histoires sont attachants, sauf ceux que l'auteur veut nous faire détester et elle y arrive à la perfection.

Sans en dire trop, il est vrai que la fin était un peu "facile" mais pourquoi pas, après tout ? Un roman n'est-il pas fait pour y lire ce qu'on aimerait voir dans la vraie vie ? Alors oui, on aurait pu imaginer une fin dramatique, un déchirement, des agressions et que sais-je d'autres, mais non. L'auteur à opté pour un happy end agréable.







Les incroyables aventures des bébés


Laurence Rameau
Philippe Duval éditions
2012

Résumé :
À la découverte du monde, les bébés sont des aventuriers. Non pas qu'ils aient besoin de partir loin pour vivre le grand frisson du dépaysement, c'est dans la vie quotidienne qu'ils jouissent de ce bonheur. Ce qui nous semble anodin ou nous paraît relever de leur éducation, représente, pour eux, une multitude d'aventures à vivre. Qu'il s'agisse de la motricité, du langage, de l'entrée à la crèche ou chez l'assistant maternel, du doudou, des repas, du sommeil, du jeu, des bêtises, des couches ou de la fin de cette période du bébé, avec l'entrée à l'école maternelle, tout est nouveau, tout est à découvrir, à expérimenter, à oser. Or, si l'aventure ne se mène pas sans risque, elle peut être facilitée par des adultes prêts à suivre le bébé. Car, au final, ces aventuriers, bien que très jeunes et petits en taille, n'en sont pas moins d'une grandeur d'esprit et de coeur qui vaut la peine d'être vue. Ce livre est l'occasion de bien comprendre les bébés en sortant des sentiers battus proposés par les nombreux guides de puériculture. Ceci pour les accompagner au mieux sur les chemins parfois périlleux de la vie quotidienne. L'aventure est bien plus drôle lorsqu'elle est comprise, car elle peut alors être mieux partagée.

Mon avis :
Encore un livre qui permet de comprendre bien des choses sur les enfants, sur son enfant.

Difficile de résumer un livre quand on aurait envie de le citer dans son intégralité. Je ne peux que conseiller aux personnes désireuses de mieux comprendre le fonctionnement des enfants de lire ce livre car il permet de prendre conscience à quel point un enfant, un bébé, fonctionne différemment de l'adulte. Bien que sa logique soit extrêmement simple, elle n'en est pas pour autant simpliste. Au travers de diverses expériences en tout genre, l'enfant cherche à comprendre son environnement, son fonctionnement, celui des autres, les échanges, les relations, etc. Il teste, tente, essaie, encore et encore.

Au niveau des émotions, également, il y a de quoi sourire en se disant "Mais bien sûr !". Non, l'enfant ne cherche pas à rendre ses parents ou toute autre personne qui l'a en charge complètement dingue, il a juste une autre façon de gérer ses émotions, une autre façon de réagir face à certaines situations. Il ne comprend pas tout mais ressent tout, le vit complètement. Il a des besoins que le quotidien ne permet pas toujours de combler, il es en attente, et ne comprend pas toujours pourquoi, etc.

Ce livre, pourtant peu épais, est une mine d'informations passionnantes. Je le recommande vivement.

Les dangers de la télé pour les bébés

Serge Tisseron
Éditions érès
2018


Résumé :
Non, la télévision pour les bébés n’est pas un divertissement sans danger ! Non, elle n’est pas un outil de découverte du monde ! Non, elle ne peut pas constituer un support d’échanges familiaux ! Et encore moins faire offi ce de nounou ! Chez les bébés, la télévision ne s’appuie pas sur des repères déjà élaborés, elle participe à la construction de leur cerveau, de leur psychisme, de leur rapport aux autres. Elle n’est qu’une pièce du gigantesque dispositif que les marchands de « temps de cerveau disponible » ont imaginé pour imposer leur vision du monde et leurs intérêts. Cette nouvelle édition d’un ouvrage précurseur paru en 2007 enfonce le clou en citant plusieurs travaux de recherche publiés depuis. Ceux-ci montrent sans ambiguïté que divers troubles cognitifs et relationnels mesurés à 13 ans sont corrélés au temps passé devant un écran de télévision avant l’âge de 3 ans. Les parents, et tous ceux qui s’occupent des bébés, doivent tenir compte des dangers des écrans dans l’éducation des jeunes enfants.

Mon avis :
Ce livre devrait être lu par de nombreux parents !

Loin de diaboliser les écrans, et ici la télévision, Serge Tisseron explique, au contraire, que les écrans, les images, sont de merveilleux outils malheureusement bien mal utilisés et que, non, ils ne sont pas sans danger, ou du moins sans effet sur les bébés et les enfants en bas âge.

Difficile de résumer ce qui est expliquer dans ce livre pourtant peu épais - et justement, vite lu - mais on y trouve pas mal d'informations, tirées d'études, d'analyses, d'expériences, d'observations, etc., qui méritent d'être connues par la plupart des gens qui restent persuadés que la télévision calme les enfants ou, à l'inverse, qu'elle rend violent. Malheureusement, c'est bien plus complexe que cela. L'effet que peut avoir la télévision sur l'enfant va bien au-delà de son comportement, et il y a aussi une grosse part de manipulation marketing pour en faire un futur petit consommateur très demandeur.

Ceci et bien plus encore. Un livre passionnant qui, je le redis, ne diabolise pas les écrans, ne culpabilise pas les personnes qui apprécient ces médias et ne cherche qu'à renseigner, informer, et permettre à chacun de faire les bons choix.

Seulement pour lui



Heidi Cullinan / Marie Sexton
Milady Slash
2015


Résumé :
« Deuxième chance » n'est pas forcément synonyme de « second choix »...Peu de temps après que Paul emménage avec sa petite amie, celle-ci le quitte en lui laissant toutes ses affaires. Cherchant un cadeau pour la reconquérir, il tombe sur un magasin d'occasion dont le propriétaire, Emanuel, est un homme aussi beau que cynique. Paul en profite pour revendre ce qui l'encombre chez lui, et c'est bien malgré lui qu'El est attiré par cet hétérosexuel qui pleure encore son ex. Parviendra-t-il à le charmer jusqu'à le faire succomber ? Paul acceptera-t-il d'explorer un univers qui lui est totalement inconnu ?

Mon avis :
Voilà une romance M/M dont on sent qu'elle a été écrite par des femmes pour des femmes. Étant une femme, j'ai bien aimé, même si cela était néanmoins un rien trop fleur bleue pour moi, le fait que ce soit un M/M à quelque peu relevé le niveau. Je pense que s'il avait été question d'un M/F je me serais clairement ennuyée du début à la fin.

Paul est un peu caricaturale. Toujours à côté de la plaque, il ne se rend compte de rien alors que tout saute aux yeux. Je parle notamment de l'attirance d'Emanuel pour lui, mais pas seulement... Et puis la façon dont Paul se questionne sur son orientation, il y a ce côté "je suis hétéro ! Bon, ok, j'ai failli couché avec un pote plus jeune, mais je suis hétéro !" qui revient un peu trop en boucle pour être crédible.
Et quand enfin il s'assume et qu'ils sont en couple, nous avons droit à une relation physiquement mielleuse avec laquelle j'ai eu un peu de mal mais qui, je n'en doute pas, plaira (et a plu) à de nombreux/ses autres lecteurs/trices ! Heureusement, cela ne prenait pas trop de place dans l'histoire.

Malgré tout ça, nous avons là une jolie histoire qui se construit doucement, mais pas trop lentement. Les personnages sont attachants, touchants, on a envie de les voir se lancer, mais entre un Emanuel qui a du mal à croire en l'amour qui dure et Paul qui sort d'une relation relativement toxique avec une jeune femme manipulatrice (et terriblement agaçante), difficile de les faire tomber dans les bras l'un de l'autre.
Et ce qui est évident pour le lecteur ne l'est tellement pas pour les deux hommes que cela en devient presque frustrant car on fini par savoir où tout cela va mener (puisque c'est le but de l'histoire) tout en se demandant quand (et peut-être un peu comment).

Ma critique semble très négative, mais malgré ça, j'ai passé un très bon moment de lecture avec une petite histoire qui se lit facilement et rapidement, on fini par se laisser guider par les mots sans plus vraiment se poser de question, avec un dénouement digne d'un compte de fée, un rien cliché, mais n'est-ce pas pour ça qu'on lit des livres : rêver un peu ?

C'est une histoire qui se termine malgré le fait que ce soit le tome 1 d'une série de livres dont tous les volumes ne sont pas encore traduits et je dois avouer que je ne sais pas du tout s'ils seront traduits et si oui, quand étant donné que la collection Milady Slash va être arrêté. Tout ça pour dire que ce roman se suffit lui-même.

Hyperbole

Allie Brosh
Les Arènes
2014


Résumé :
Dans ce roman graphique hors du commun, Allie Brosh, une surdouée de 25 ans, raconte ses souvenirs d'enfance, ses angoisses existentielles, sa dépression et ses histoires absurdes avec les chiens.
Par-delà la dérision, c'est un beau livre sur la condition humaine. Allie Brosh pourrait être la fille de Woody Allen - pour son humour utilisé comme arme antinévrose - et de Virginia Woolf - pour ses capacités d'introspection.
Aujourd'hui, Allie Brosh compte 72 millions de visites sur son blog, 1 requête sur Google toutes les 20 secondes et 500 000 fans sur sa page Facebook. Le succès de ce livre a été unanime : Meilleur livre d'humour de l'année, Prix des libraires, best-seller du New York Times.

Mon avis :
Je suis toujours un peu sceptique quand je lis des avis qui prétendent que c'est à se tordre de rire. Je peux trouver certaines choses amusantes ou drôles, mais il est rare que je me torde de rire. Mais je me suis dit que ça pouvait valoir le coup de tenter, ne serait-ce que pour passer un bon moment de détente.

Et bien je n'ai pas été déçue !
C'est un véritable coup de cœur qui m'a fait rire aux larmes autant dans ce qui y est raconté que dans l'illustration de certaines scènes ou - surtout - expressions que peut afficher l'avatar d'Allie.

Les dessins, au premier abord, peuvent sembler terriblement... Horribles, mais malgré ça, je suis persuadée que l'auteure a un certain talent, pour la simple et bonne raison que le message passe, à tous les cours. L'émotion est lisible dans chaque case, l'humour y est parfaitement dosé, les détails d'arrière plan qui accentue le comique ou le dramatique de situation  sont terriblement bien trouvés, dosés, etc. Les images sont claires, explicites, ce ne sont pas des dessins mal maîtrisés qu'on n'arrive pas à déchiffrer, bien au contraire, on les comprend et je dirais même qu'on les vit.

Par moment, on se retrouve à avoir pitié de cette jeune fille qui vit des histoires dans lesquelles on se retrouve si facilement, des choses si bêtes et si parlantes qu'on ne peut que se dire "mais tellement !" (même si bien sûr, on ne vit pas les choses exactement de la même façon, on peut facilement y voir des similitudes avec des cas vécus). Et c'est aussi ça qui est à mourir de rire, au-delà des dessins hyperexpressifs.

En ce qui me concerne, je me suis surprise à rire aux larmes, vraiment. Comme quoi, les commentaires n'étaient pas exagérés. Bien que je me doute que cela ne puisse pas toucher tout le monde, que tout le monde n'appréciera pas forcément les dessins particuliers comme j'ai pu les apprécier, je ne peux que vous encourager à essayer, au moins. Et qui sait, peut-être qu'à force de lecture, vous finirez aussi par en rire !

(les textes sont en français dans le livres)


Pour un bouquet de fleur

Kealig Lan
Auto Edition
2017


Résumé :
Le jour où Jérémy décide de se marier, c'est tout naturellement qu'il demande à Mattéo, son cousin et Caz, son meilleur ami d'être ses témoins.
Les deux hommes ne se sont jamais rencontrés, mais tout les oppose. Pour le bonheur de Jérémy, ils vont pourtant devoir faire un effort. Pour le pire comme pour le meilleur...

Mon avis :
Le résumé m'avait fait très envie, c'est pourquoi je me suis jetée sur ce livre, le commandant directement auprès de l'auteure qui m'y a laissé un petit mot à l'intérieur. Très agréable.

Au niveau de l'histoire, on ne peut pas dire que ce soit un M/M comme les autres car même si on suit l'histoire de Matthéo et Caz, le mariage de leur ami Jérémy reste au relativement central. On suit donc l'organisation de ce mariage au travers des deux futurs témoins que son Matthéo, le cousin de Jérémy, et Caz, un ami de longue date. Ceux-ci, par la force des choses, apprennent à se connaître et à s'apprécier, mais ce n'est pas pour autant qu'ils se sautent dessus out de suite, bien au contraire. On suit l'histoire de chacun, passant d'un point de vue à l'autre, et alors que Matthéo vit une relation avec un certain Laurent, Caz se lance dans une relation juste physique (non décrite) avec un artiste rencontré lors d'une expo à laquelle il était chargé de faire la décoration florale.

Malgré ça, on sent le rapprochement se faire entre Caz et Matthéo, que leur amitié devient plus forte au point qu'au moment où ils se laissent enfin aller à écouter leur désirs, un malentendu les déchire littéralement, souffrant l'un et l'autre de leur côté. Ce côté un peu cliché du "on s'est mal compris mais on n'en parle pas" m'a un peu gênée car c'est relativement récurant dans les histoires d'amour, mais cela ne dure pas, du moins pas dans le livre, au contraire.

C'est une histoire qui se construit lentement, avec beaucoup de moments amusants, des personnages bien définis, bien réfléchis. Leurs amis et entourage est également agréable à suivre, chacun avec une personnalité propre et bien définie. On se prend au jeu, on a envie de les bousculer un peu. Il y a aussi cette énigme autour du vrai prénom de Caz (je dois dire que je l'avais deviné assez vite, mais comme ça me semblait "trop facile", et qu'il est dit que Matthéo à fait beaucoup de propositions qui ne nous sont pas dévoilées, je pensais que ce serait encore autre chose, mais ça reste amusant car même si on devine, on n'a la confirmation qu'à la fin, toute fin, du livre).

La fin, parlons-en (sans trop en dire, évidemment) : j'ai adoré. C'était doux, mignon, adorable, tendre, presque trop facile mais qu'importe, après tout, c'est une histoire qui doit faire rêver. J'ai vraiment apprécié cette fin. Peut-être même que j'ai regretté que ce soit la fin sur le moment...

Très jolie plume que voilà en tout cas, qui mérite d'être découverte. Un vrai moment de plaisir.

Mords-moi si tu peux !

M.R. Stevens
Mix Editions
2016


Résumé :
Si l'on vous dit qu'un vampire brille parfois au soleil, cela vous évoque-t-il quelque chose ? Pour Mike, le jeune alpha de la meute Hollyster, c'est surtout synonyme d'ennuis. De gros ennuis Surtout quand le vampire en question est Cody Latimer, enduit de colle et de paillettes par ses Bêtas le jour même de la rentrée.
Entre les loups-garous et les vampires, cette agression signe le début d'une guerre des blagues aux conséquences aussi loufoques qu'inattendues.

Mon avis :
J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune sur le groupe des Passionnés de Littérature M/M. Il se trouve qu'il se trouvait dans ma PAL depuis pas mal de temps et que c'était l'occasion d'enfin m'y mettre, d'autant que ça faisait longtemps que j'attendais de pouvoir participer à une lecture commune - qui ne m'oblige pas à m'acheter un livre en plus alors que j'en ai déjà (trop) qui m'attendent...

Le livre est écrit au présent, et j'avoue avoir du mal avec le présent, mais c'est quelque chose de très personnel. Au-delà de ça, je crois que j'ai tellement entendu et lu que ce livre était à mourir de rire que j'en attendais sans doute trop. Niveau humour, je suis un public difficile, je ris peu et rarement, autant dire qu'il n'est pas aisé de me faire rire. Mais j'avais un espoir ici puisqu'une grande partie de lecteurs disaient avoir éclaté de rire, voir rit aux larmes. Malheureusement, bien que j'y ait parfaitement constaté l'humour et l'ironie, je n'ai pas été jusqu'à rire.
Ceci dit, ce n'était absolument pas une mauvaise lecture pour autant ! J'ai suivit avec plaisir les retours de blagues et farces entre les loups et les vampires, suivit par les tentatives d'approches de l'un vers l'autre.

Tout commence par une mauvaise blague de la part des loups, des bêtas, sur le maître-vampire Cody... Évidemment, en aucun cas l'Alpha Garou Mike n'a commandité une telle idiotie, mais comme Cody décide de se venger, Mike décide à son tour de renvoyer la balle au camp des buveurs de sang. C'est un petit ping-pong amusant qui passe de blague en blague, pas toujours très subtile, mais bon, tant qu'on ne les subit pas et qu'on ne fait que les lire, elles restent amusantes !
Sauf que tout fini par dégénérer, les loups vont trop loin et se retrouvent à devoir offrir leur sang aux vampires... Et c'est de là que le déclic se fait...

Mignonne petite histoire avec de petits rebondissements, drôle - oui, je me sais être un public difficile à ce niveau, mais en voyant le nombre de personnes qui ont trouvé ce livre hilarant, je me permets de ne pas y douter pour la majorité -, tendre et évidemment un poil surnaturel... ! Une très jolie histoire que je vous recommande pour une découverte du M/M en douceur.

L'amour dans un coin de campagne


Noriko Hakutou
Boy's Love
OS
2013

Résumé :
Après la faillite de l’entreprise où je travaillais, je suis rentré dans ma campagne natale. Au beau milieu des retrouvailles avec mes quatre meilleurs amis, je me suis soudainement rappelé la déclaration que m’avait fait le calme et gentil Kazuma lors de la cérémonie de remise des diplômes du lycée ! Lui, par contre, ne l’avait absolument pas oublié durant ces six dernières années.
« Je t’aime, Sora. J’ai toujours attendu que tu rentres. »
Qu’est-ce que je suis censé faire ? Maintenant, je prête beaucoup trop attention à sa présence !
L’amour naîtra-t-il à la campagne ? Suivez les retrouvailles et l’histoire d’amour de ces deux amis d’enfance.


Mon avis :
Pour ce qui est des graphismes et des mises en pages, relativement conventionnels, mais malgré tout très sympa, les expressions de visages son clairs, on ne se perd pas pendant la lecture à ne plus savoir où lire quoi, etc.

En revanche, niveau histoire, je dois avouer que j'ai trouvé tout ça assez mou. Kazuma a fait sa déclaration six ans plus tôt à Sora et, alors que Sora part travailler à la capitale, Kazuma dit qu'il attendra son retour pour avoir sa réponse. Sora dit être repassé plusieurs fois au village sans que cette déclaration ne lui revienne en tête et sans que Kazuma ne lui demande de réponse, déjà là, pour moi, y avait un hic. Mais ce n'est que lorsque Sora se retrouve obligé de revenir vivre au village qu'il se rappelle de la déclaration faite par Kazuma et se sent terriblement mal à l'aise suite à ça.
On ne sait pas trop pourquoi car le fait que ce soit un autre homme ne semble troubler personne, c'est vraiment comme une histoire d'amour conventionnelle, homme-femme, mais avec deux hommes. Du coup, on peut imaginer que Sora est mal à l'aise parce qu'il n'est pas gay ou qu'il n'aime pas Kazuma, et pourtant, il semble vouloir accepter d'être en couple avec, donc on ne sait pas trop pourquoi ça traîne en longueur... D'autant que la seule chose qui fait durer l'histoire c'est l'hésitation de Sora, sans quoi, rien ne peut prétendre créer le moindre rebondissement dans cette histoire.

Elle se laisse lire facilement et rapidement, cela reste une jolie histoire tranquille dans un joli environnement qu'est la campagne, quelques passages sont amusants, grâce aux personnages secondaires qui, en fin de compte, servent davantage à l'histoire que Kazuma qui est tellement calme qu'il en devient froid et mou, et Sora qui surréagit dès qu'il se retrouve avec Kazuma qui semble se foutre de tout.

ATTENTION SPOIL >>>>>
Je ne sais pas si on peut parler de scène de sexe pour ce manga. Il y a effectivement une scène de coucherie - qui, après avoir autant hésité, arrive comme une cheveux sur la soupe, mais passons - mais tellement peu explicite et qui ne dure pas longtemps que c'est vite passé, d'autant que c'est pas vraiment utile à l'histoire, si ce n'est peut-être montrer que Sora aura osé passer le cap, car c'est la seule chose qui semblait l’inquiéter le temps d'une case.


Après l'effort

Madeleine Urban / Abigail Roux
Milady
2015


Résumé :
Dix ans après la fin du lycée, Jake Campbell le sportif et Brandon Bartlett l'intello se retrouvent dans leur établissement, mais côté profs cette fois. Quand on pousse Brandon à assister Jake pour l'entraînement d'une équipe de base-ball, les deux hommes se rapprochent beaucoup plus qu'ils ne l'auraient cru. Mais dans un lycée, en salle de classe comme en salle des profs, tout est affaire d'image. Jake et Brandon devront dépasser leurs vieux préjugés pour nouer une véritable amitié... et beaucoup plus encore. 

Mon avis :
Tout d'abord, je tiens à dire que j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Les personnages étaient touchants malgré le fait qu'ils soient atrocement caricaturaux. Les auteurs tentent d'éviter les clichés et tombent dans l'extrême inverse en nous présentant un prof de chimie qui a constamment la tête dans ses copies et qui pourtant fait tout pour se garder en forme en allant courir à 4h du matin, et un sportif en puissance qui cache ses livres intello dans des revues sportives pour qu'il ne soit pas dit qu'il puisse avoir de la cervelle. Mais on a quand même affaire à deux bellâtres intelligents qui se connaissent depuis plus de dix ans mais qui ne s'étaient jamais vu jusqu'à ce que Brandon, le prof de chimie, ne se retrouve à aider Jake pour les entraînements de base-ball. À partir de là, le coup de foudre, physique en plus. Ils n'en peuvent plus de se désirer sans oser le dire, pourtant, il me semble que le physique est la première chose qu'ils auraient pu remarquer en dix ans.

Malgré ça, j'ai apprécié, mais pour une "mauvaise raison". J'ai comme l'impression que c'est une romance M/M écrite pour des femmes, avec des caricatures d'hommes tels qu'une femme pourrait en rêver. Ils sont magnifiquement bâtis et intelligents, ça on l'a déjà dit, mais en plus ils sont doux, tendres, fous de désir l'un pour l'autre, sauvage dans l'acte, mais pas trop, et plein de tendresse avant et après, plein de petites attentions l'un envers l'autre, accros dès la première minute, ils se tourmentant concernant leurs sentiments quant à savoir s'ils sont partagés ou non, sans oser le demander franchement... Bref ! Deux mecs homos calibrés pour plaire aux femmes. Voilà pourquoi j'ai trouvé agréable à lire.

J'ai bien aimé l'évolution de la relation, un peu lente au début mais amusante dans les tensions et dans l'amitié qui se met en place entre Brandon et les entraîneurs de l'équipe. On découvre les raisons qui on fait que ni Jake ni Brandon n'arrivent à atteindre leurs rêves, pour le plus grand plaisir de leur retrouvailles.
J'avais lu que la deuxième partie du livre tournait pas mal autour de scènes de sexe et j'avoue que j’appréhendais un peu car je n'en suis pas forcément très friande, mais il se trouve qu'elles restaient assez bien dosées pour ne pas devenir envahissante sur l'histoire, et puis les auteurs ont réussi à intégrer le préservatif aux ébats (ou plutôt, oublier de l’intégrer...) de façon humoristique et, j'ai trouvé, très mignonne, que demande le peuple ?

Les descriptions sportives auraient pu sembler lourdes pour une personne qui, comme moi, est une bille en sport, mais je trouve qu'au contraire, elle rendait le contexte plus réaliste, l'ambiance y était et j'ai bien aimé cet univers qui m'était inconnu pour suivre l'évolution de leur histoire.
Alors après, c'est clair qu'il n'y a pas de rebondissement particulier, tout file droit, c'est léger, agréable, mais je m'attendais quand même à ce que le cadre scolaire offre plus d'opportunités de "dangers", de quiproquos, de malaises, etc. mais non, rien. Juste l'atroce difficulté de travailler à trois salles l'un de l'autre sans pouvoir s'envoyer en l'air ni s'embrasser quand ils se croisent à la cafétéria... Bon. Là, on aurait pu faire mieux.
Et puis niveau écriture - ou choix de traduction, je ne sais pas - j'ai trouvé qu'il y avait pas mal de répétitions d'expressions, mais ça, c'est très subjectif comme remarque.

Donc en résumé, une chouette petite histoire sans accroc, avec des personnages mignons et attachants.

De l'ombre à la lumière

Sully Holt
Auto édition
2017


Résumé :
Après le décès de son compagnon, Camille décide d’emménager au milieu de nulle part, en pleine campagne, à des kilomètres de ce qu’il a toujours connu. Il vient de faire le pari le plus risqué de sa vie. Non content de rénover la vieille bicoque en ruine de son oncle, il doit de plus s'occuper de son frère, s’habituer à son nouveau boulot dans un nouveau collège, s’accommoder des bestioles qui viennent régulièrement squatter son jardin, et supporter les propos déplaisants de Pierre, l’ours borné qui fait office de garde-forestier dans la région et qui traîne autour de sa propriété été comme hiver.
Heureusement, les villageois vont se révéler des amis sincères. Avec sa joie de vivre et sa volonté d’acier, son petit frère Tom va l’aider à reprendre confiance en lui. Leur maison ne deviendra jamais un modèle d’élégance, inutile de croire aux miracles. Mais un vrai foyer, pourquoi pas ? Et Camille lui-même va tout doucement réapprendre à vivre.

Mon avis :
La première fois que j'ai lu le résumé, je l'ai lu un peu trop rapidement, en croix, sans vraiment enregistrer tous les éléments. J'ai donc cru qu'il y aurait vraiment un ours dans l'histoire. J'avoue que ce détail m'avait semblé sympathique, je m'attendais même à une histoire un peu fantastique, magique. Je sais pas pourquoi. Loin d'être déçue en relisant convenablement, j'étais en pleine lecture d'un autre roman, mais je n'ai pu m'empêcher de me faire envie avec le début, et ça n'a pas manqué. J'ai donc sauté dessus, sitôt l'autre roman terminé !
Et quel plaisir c'était cette lecture ! J'ai tout de suite accroché à l'histoire autant qu'aux personnages, terriblement attachants, même Pat le chien, Le Chat le chat - ouais.... - et le renard étaient adorables. D'autres moins, ont aurait davantage envie de les étriper ou de leur balancer un café brûlant à la figure. L'auteur sait nous plonger dans une empathie forte envers les habitants de cette petite ville, et nous faire aimer comme détester les personnages qu'elle met en scène dans son histoire.

Je tournais les pages sans vraiment m'en rendre compte, captivée par nos deux héros, Camille et Pierre, qui commencent leur histoire en se détestant, mais petit à petit, ils acceptent de s'offrir une chance qui se trouve être une excellente idée, leur permettant, à l'un comme à l'autre, d'enfin trouver ce qui manquait à leur vie, comme une évidence, ou peut-être le destin (?).

Cette histoire, qui soulève des sujets lourds, comme la mort d'un compagnon de vie, une mère instable, alcoolique et manipulatrice, une homosexualité cachée des yeux de tous, un amour interdit, etc. ne manque malgré tout pas d'humour. J'ai rit de nombreuses fois et ai même partagé certains passages à mon homme qui, sans connaître le contexte, riait à son tour de l'extrait.
On ne se sent pas mal à l'aise à l'évocation de la mort de Robin, l'auteur sait en parler avec une légèreté emplie de respect et de tendresse.
Chaque personnage a un caractère bien défini et qui lui correspond, qui sont très justes en fonction de ces vies difficiles qu'ils trainent derrière eux. Évidemment, il y a Camille et Pierre, mais il y a aussi Tom qui est un pilier pour Camille malgré son jeune âge. Et aussi Emilie et Simon, les amis d'enfance de Pierre, qui sauront être d'un soutien sans faille, ouvert et plein de tendresse, mêlant colère et humour pour débloquer certaines situations. Et plein d'autres... !

Il n'y a pas de scène de sexe dans ce roman, et j'avoue m'en passer assez facilement, donc ça ne m'a pas manqué. Le rapprochement entre Camille et Pierre n'en est pas moins réaliste et ne manque pas pour autant de sensualité. Comme une caméra qui se tourne vers le lointain, l'auteur décrit leur passion avec pudeur sans pour autant nous priver de leur fougue et de ce désir brûlant qui les enivre. Pas besoin de détail, l'imagination fait le reste, et c'est parfait. Elle en dévoile suffisamment, croyez-moi.

On s'évade avec ce livre, on respire l'air pur de la nature - et de la peinture fraiche de chez Camille, odeur très nostalgique en ce qui me concerne -, on se sent bien.
Je dois avouer que la fin m'a parue un peu rapide, mais je pense que c'était un peu la déception d'arriver au bout de cette histoire. J'aurais bien aimé qu'elle continue un peu, il faut dire que je me sentais bien dans le salon de Pierre, avec son gros chien Pat, sa bibliothèque pleine de vieux livres, ses sculptures en bois etc.

Je ne peux que vous recommander ce livre, le premier publié par cette auteur, et j'attends déjà avec impatience son prochain titre "Retour à Cap Cove".

La différence invisible

Julie Dachez / Mademoiselle Caroline
Delcourt
2016

Résumé :
Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente.
Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.


Mon avis :
Plusieurs raisons m'ont fait vouloir lire cette BD et je ne suis pas déçue, j'y ai trouvé exactement ce que je cherchais.

Je n'avais pas tout de suite faire le lien entre l'auteur, Julie Dachez, et la chaîne Youtube de Super Pépette que je suis depuis quelques temps maintenant avec attention. Je trouve que cette femme s'est merveilleusement investie dans la communication au sujet du syndrome d'Asperger en méconnu, qui s’associe à l'autisme et donc à tous les clichés qui vont avec.

Grâce à cette bande-dessinée, tout comme ses vidéos, Julie offre une vision du SA depuis l'intérieur et je pense que c'est une bonne chose, car il est important de rappeler que l'autisme ce n'est pas uniquement être inapte à la communication tout en se balançant d'avant-arrière, en bavant. Il y a effectivement des cas extrêmes qui peuvent se rapporter à cette description, mais les autistes Asperger sont loin d'y ressembler. La plupart mènent une vie normale aux yeux de tous, bien qu'épuisante pour eux, devant fournir des efforts à la limite de l'insurmontable (insurmontables pour certains) pour avoir un semblant de vie sociale digne de ce nom.

On le voit bien dans cette BD, les Asperger ne sont pas des ermites isolés et asociaux, ils n'arrivent juste pas à comprendre les codes sociaux et, bien souvent, se retrouve isolés bien malgré eux. Tout autant incompris qu'ils ne comprennent pas les neurotypiques (personnes dite "normales").

En plus de ça, les dessins sont vraiment sympa, les mises en page, les codes couleurs, la façon dont est retranscrite l’oppression que peut ressentir l'héroïne, Marguerite, ses routines, quand il y a trop de bruit, trop d'animation, trop d'agitation etc. Tout ça est vraiment bien retranscrit. Et la boulangère... Avec ses TOCs... En suivant la routine de Marguerite, on prend conscience de celles des autres qui l'entourent, et c'est amusant de voir qu'on es entouré de personnes qui ne sont non pas folles ou bizarres, mais qui doivent juste composer avec leur troubles, leurs angoisses, leur façon d'être, et qu'il est délicat de leur demander de s'adapter à un monde qui est loin du leur.

Bref, j'ai adoré.